Elisabeth et Eric prenons le relais pour raconter notre périple avec Juliette et Vivien.
Nous sommes partis de Lille à 6h du matin, le samedi 8 juillet, pour joindre Velennes, dans l’Oise, afin de confier notre voiture à nos amis Eric et Edwige. Ils nous ont conduits à Paris Charles de Gaulle d’où nous avons décollé à 16h. Nous atterrissons à l’aéroport d’Auckland le lundi 10 juillet à 5 h 15 heure locale (En France, nous sommes encore le dimanche 9 juillet, et il est 18h15). Nous avons fait escale à Doha 4h. Nous avons donc voyagé près de 26h en empruntant, et nous en sommes fiers, le vol le plus long du monde (un peu plus de 16h) entre Doha et Auckland.
Après les formalités douanières (ils nous ont fait démonter la valise pour inspecter nos chaussures et nos bâtons de marche bien calés tout au fond bien sûr !), nous voilà dans le hall de cet aéroport… Les jeunes ne sont pas là, surpris par la circulation déjà intense à cette heure matinale, dans la ville la plus peuplée du pays, mais qui n’en n’est pas la capitale. Enfin, la haute silhouette de Vivien surgit. Ouf !!! Nous découvrons alors leur beau carrosse, dans lequel nous allons pérégriner pendant nos deux semaines de périple. Nous nous retrouvons, dans le noir, dans les bouchons… Nous prenons la direction de Muriwai, plage située à l’ouest de l’île, donc côté mer de Tasmanie. Nous avons la chance d’y observer une grosse compagnie de Fous de Bassan. Les vagues forment de gros rouleaux et le soleil se lève. C’est donc l’heure du petit déjeuner. Nous jetons notre dévolu sur un snack où l’on diffuse, pour ne pas trop nous dépayser, des chansons françaises qui ne sont pas forcément de première jeunesse (Jo, le taxi de Vanessa, ou L’hymne à l’amour de la grande Edith…).




Murriway Beach




Nous prenons ensuite la direction de Dargeville et découvrons un paysage vallonné et verdoyant, une végétation luxuriante et l’eau omniprésente, sous forme d’étangs ou de petits lacs.


Nous nous équipons de détachant car un stylo, resté dans la poche d’Eric, n’a pas bien supporté la pression et l’altitude… et s’est épanché sur sa belle et unique chemisette glissée dans notre bagage de taille « large cabine »commun mais aussi sur son sweat. Il a fallu en effet réduire les bagages pour qu’ils puissent rentrer dans le van ! Nous apprenons également, très vite, ce que sont les principales quêtes des campeurs : une belle table, dans un parc public quand le soleil nous permet de pique – niquer entre deux averses puis des toilettes publiques. Il faut avouer que ces lieux sont, à notre étonnement, très nombreux et bien indiqués dans les espaces urbains. Nous poursuivons notre route vers le Nord par une balade dans la forêt de Waipona où nous allons à la rencontre d’arbres appelés « Kauris ou kaoris ». Cette espèce est en Nouvelle-Zélande celle qui forme les plus gros troncs. Il lui faut 800 ans pour atteindre sa taille maximale. Les kaoris vivent très longtemps, 2000 ans pour certains, et peuvent mesurer jusqu’à 50 mètres de haut pour une circonférence de 10 mètres.








Au soleil couchant, nous prenons le ferry de Rawéné à Kohukohu pour rejoindre la maison de nos hôtes, « la Hippie Hut ».Il fait maintenant nuit noire et nous nous perdons dans la campagne. Comme Hansel et Gretel, nous tentons de rallier une maison avec de la lumière …la voiture glisse sur la boue, Vivien tente périlleusement une marche arrière à l’aveugle. C’est alors qu’un homme sort de sa tanière, nous interpelle… Il fait entrer les filles chez lui pendant que les garçons tentent désespérément des manœuvres pour sortir de la fange. Ce monsieur, qui n’est pas un ogre, passe plusieurs appels téléphoniques pour nous aider à situer notre Hippie Hut. Finalement, il nous indique comment nous y rendre et déplace simplement sa propre voiture pour que nous puissions rejoindre la route……..en marche AVANT et sortir du bourbier ! Nous trouvons enfin la bonne pancarte, à 3 kms environ de là. Il suffit maintenant de descendre sur un chemin goudronné ? Phil et Lyne nous accueillent chaleureusement. Nous découvrons un lieu « baba cool » fait de tentures, d’une boule à facettes, d’une lampe à huile, de posters des 60’s .







Il y a même un tourne disques et les vinyles sont recyclés en objets de décoration. Ils nous laissent à disposition leur cuisine au sol très fleuri, chauffée ardemment au feu de bois. La table est immense, faite de planches d’un bois assez précieux. Les jeunes apprécient l’eau chaude pour la vaisselle qu’il faut quand même faire bouillir sur le gaz, luxe qu’ils ne s’autorisaient auparavant dans leur camper van. Autre curiosité : notre hôte nous équipe d’une lampe torche : aller aux toilettes est une autre aventure… Elles se trouvent au fond d’un jardin sombre, il faut y aller par 2. Elles sont très aérées et la chasse d’eau est réduite à des cendres de la cheminée !
La nuit a été réparatrice, entrecoupée par le bruit des averses sur le toit en tôle. Au réveil, nous découvrons un jardin extraordinaire autour d’un étang qui s’étale au pied de notre chambre mais dont nous n’avions pas pris conscience la veille. A la lumière du jour, nos fameuses toilettes sont entièrement aérées par un mur de grillage posé sur des fondations en bambou. Ils sont donc à claire – voie!! Un petit garçon de 4 ans, coiffé d’un mémorable mulet et vêtu d’un pull dont la laine a été filée, tricotée et teintée à la main par sa « Mummy », assure l’animation de notre petit déjeuner. Il est fier de nous montrer qu’il a déniché 2 œufs. Il faut ensuite parler de la salle de bain : Juliette décide de prendre une douche mais c’est parce qu’elle doit absolument se laver les cheveux… Moi je ne m’y risque pas après ce qu’elle m’en dit : aucune pression si on veut de l’eau chaude ! De plus, la salle n’est pas chauffée et elle est en aération permanente puisque la vitre opaque est constituée de 2 pans de fenêtres, espacés d’une rainure de 5 cm en son milieu.