Rotorua

Finalement, nous avons bien dormi dans notre « caravane » au fond du jardinet… Au début de la journée, nous longeons le lac Taupo. La pluie est de retour. Dans la ville de Taupo, nous visitons une des nombreuses boutiques officielles des All – Blacks et prenons des renseignements à l’e – site pour organiser nos deux jours suivants. Nous décidons de visiter cet après – midi le site appelé « Wai – O – Tapu Thermal Wonderland. C’est une zone géothermique active dans laquelle on se promène, en toute sécurité, comme sur la palette d’un peintre… En effet, au détour des sentiers, nous pouvons admirer des cratères qui bouillonnent, des étendues ou des rivières d’eau chaude diversement colorées. Les nuances varient selon la nature des sédiments présents. Les fumées, très présentes, embrument le paysage et les émanations de soufre vous piquent au nez. Les arbres, dénudés et brûlés par l’environnement, rendent ce lieu un peu fantasmagorique. Nous terminons notre visite, houspillés par le garde du parc, car nous aurions aimé flâner encore dans cette merveille de la nature.

Nous faisons ensuite route vers Rotorua et son lac pour être hébergés chez Ruth. Dès les abords de la ville, nous comprenons le surnom de celle – ci : la ville fumante ! En effet, des fumées sont partout présentes, sortant ici des bouches d’égouts, émanant là de la pelouse du stade ou du parc de la ville.. Et je ne vous raconte pas l’odeur ! L’œuf pourri nous prend au nez. C’est dans cette ville que l’on peut déguster ENFIN un plat traditionnel maori : le Hangi (en fait, ce n’est pas réellement un plat mais un mode de cuisson à l’ancienne, bien particulier. Il s’agit de creuser un four dans le sol et y faire cuire les aliments sur de la roche volcanique chaude) Nous nous précipitons chez Kiwikay, goutons au Hangi au poulet mais aussi au pain frit et aux réputés « meilleurs » brownies du monde !

Ce matin, nous devons nous dépêcher car « Lady Knox Geyser » nous attend à 10h15 Am. Il s’agit d’une éruption explosive provoquée artificiellement à heure fixe pour éviter aux touristes que nous sommes de devoir patienter 72h environ afin d’observer le phénomène naturellement. Nous faisons ensuite un petit détour par les « Mud Pools », vastes étendues de boue qui bouillonnent et explosent bruyamment de façon aléatoire. La pluie s’intensifie mais ne nous décourage pas encore : nous visitons un village maori, son cimetière, les extérieurs de maisons typiques et les géantes statues de bois  peintes aux regards inquiétants. L’ambiance est très particulière : des bouches d’égout sort une eau transparente et bouillonnante… Le sol et l’herbe fument. Juliette ou Vivien, l’un d’entre eux, a mis la main sur le sol, il est chaud ! Nous décidons de réserver nos places en nocturne pour les « Hell’s gates » avec l’espoir de voir la pluie cesser et pouvoir observer les étoiles, plongés dans des piscines naturelles de boue et d’eau sulfurée. Nous déjeunons à nouveau typiquement néo – zélandais dans un restau indien où le plafond goutte sur les tables ! Puis nous faisons nos emplettes en pensant au retour et en essayant de n’oublier personne. Le soir est tombé, la tempête monte ! Un peu dissuadés par notre hôte, nous partons quand même, bien décidés à faire trempette pour vérifier le bien – être de ces bains de boue tant vantés ici. Sur notre chemin, les arbres déracinés jonchent la route. Soudain, un éclair surgit face au chauffeur : c’est une branche qui vient de tomber sur un fil électrique… Bref ! Nous sommes déjà aux portes de l’enfer avant d’atteindre notre véritable destination. A l’accueil, l’hôtesse, qui n’a rien d’une diablesse, nous propose d’aller voir dans quelles conditions nous allons …plonger avant de nous y engager. Eric se dégonfle ; il pleut beaucoup trop et en plus il fait froid. A 3, nous pesons le pour et le contre : le pour, c’est la curiosité, le côté insolite de cette baignade… Le contre, c’est le coût du bain      (environ 50€) et tous les risques de ne prendre aucun plaisir ou d’être malade à notre retour en métropole. A 2 contre 1, nous abdiquons d’autant que la gentille hôtesse nous console en nous précisant que les mêmes aventures sont également proposées en Islande, un de nos rêves à assouvir encore, et c’est beaucoup plus proche de chez nous ! Nous rentrons chez Ruth, les pompiers tronçonnent les arbres tombés dans le quartier. Tout est noir. Dans la cuisine, on s’éclaire à la bougie. Plus d’eau chaude, plus de plaques électriques pour cuisiner ! Nous commençons notre soirée par une belote puis réfléchissons à notre repas du soir. Heureusement, le camper van est bien équipé. Nous en utilisons les 2 réchauds au gaz pour cuisiner un « English Breakfast » avec du lard au miel, des œufs brouillés et des « sweet tomatoes beans ». Le lac, que nous pouvons observer de la baie vitrée, puisque la maison y a un accès direct par le jardin, est déchaîné, nous avons l’impression de nous retrouver sur la digue de la Mer du Nord un jour de grande tempête. Juliette évoque même une vague submersion ou une trop rapide montée des eaux (elle regarde trop la télé !!!) mais notre hôte semble parfaitement rassurée  Nous, nous avons aussi une autre inquiétude : où allons – nous dormir demain ? Nous avions anticipé mais avons eu affaire à un logeur pas très honnête. Vivien a du dépatouiller l’embrouille avec Airbnb. Les jeunes ont lancé d’autres demandes, mais sans le Wifi, difficile d’avoir des confirmations.